#ChallengeAZ… C comme Cuisiner…

Dans ma famille, Cuisiner était…  une affaire sérieuse  !

Après la Seconde Guerre Mondiale, mon père a été « maître d’hôtel » dans de grands restaurants.
Ma mère était cuisinière chez des particuliers nantis.
Mon oncle était cuisinier de métier…

Donc, à la maison, on ne plaisantait pas avec la préparation des repas… Chacun avait son poste et pas question de tergiverser…
Dans la cuisine, la discipline régnait et l’ambiance contrastait avec la légèreté qui flottait dans la salle à manger.

Les repas du dimanche étaient une tradition… Et je garde le souvenir de grandes tablées où tous les convives parlaient en même temps, riaient et chantaient au dessert…

Aussi, lorsque j’ai découvert, parmi mes ancêtres, un cuisinier au XVIIIe siècle… Je me suis demandée si la génétique n’avait pas distillé dans nos veines un gène culinaire 😉

Jean-François Féry œuvrait dans les cuisines du château de Monsieur le Baron d’Eppes, dans l’Aisne.
D’après mes recherches, il s’agirait de Hyacinthe David Rosalie de Proisy, Seigneur de Proisy et d’Eppes, Capitaine de l’Armée de Picardie.

Sous l’Ancien Régime, le cuisinier faisait partie des « gens de maison ».

Dans la cuisine, les rôles étaient hiérarchisés :
Venait d’abord le « queux » (du latin coquus signifiant cuisinier)… il était le chef, puis les cuisiniers qui l’assistaient.
En l’absence de queux, le cuisinier commandait mais avec le prestige en moins.
Puis venaient les marmitons, les commis (apprentis cuisiniers) et les garçons et filles de cuisine (petites mains sans qualification)

La discipline était militaire, d’ailleurs on retrouve beaucoup de termes liés à l’armée : brigades de cuisine, officiers de bouche, offices, écuyers de cuisine…

Le maître de maison était attentif au choix de son cuisinier car sa réputation en dépendait ! Le nom du cuisinier était souvent associé à celui de son maître !

*Voici d’ailleurs ce que disait, Grimaud de la Reynière, un des plus fin gourmet du XVIIIe siècle :

Pour avoir un bon cuisinier, il faut qu’il ait le goût bon ; or, vous ne devez point le laisser s’émousser au contact de certains breuvages ; « le goût finit par s’excorier et par devenir aussi insensible que la conscience d’un vieux juge ».
Il indique alors tout un traitement à suivre : on purge le cuisinier, on le dorlote, on le soigne, « pour faire une chère toujours égale » et ne pas s’exposer aux variations et aux caprices d’un goût dépravé et dévoyé.

J’ignore si Jean-François a subi pareil sort.
Il est décédé le 21 décembre 1778 au château (peut-être derrière ses fourneaux) à l’âge de 58 ans comme l’atteste son acte de décès :

 
 
 
 
 
 
 
Sources : Acte de décès de J.F Fery – AD Aisne – 5MI0103 Page 38

             *La France pittoresque – Vieux métiers, métier ancien : les cuisiniers
                Image : Le cuisinier et sa femme – A. Dürer – Gallica – BNF

#ChallengeAZ… B comme Baptême…


Chut… Ne faisons pas de bruit…

En ce 2 février 1744, à Erlon, petit village de l’Aisne, un enfant est né dans la maison d’Antoine Marly et de Marie Jeanne Carlier, son épouse (mes Sosa 128 et 129).

C’est un garçon ! 



C’est le premier enfant de Marie Jeanne, mais Antoine en a déjà une bonne dizaine issus de deux mariages précédents.

Dans le grand lit, la jeune mère se repose. Elle restera alitée plusieurs jours avant les relevailles.

L’enfant emmailloté dort paisiblement dans le berceau de bois déposé près du grand lit.
Il est l’objet de toutes les attentions lorsque l’on sait que 25% des nourrissons meurent pendant la première année de leur existence et 60% entre un an et quatre ans du fait du sevrage.

Sous l’Ancien Régime, lorsque l’enfant parait, le premier acte qu’il reçoit est le Baptême.

Au delà de la religion, le baptême revêt un caractère officiel et inscrit l’enfant dans la société… puisque c’est le seul document qui prouve son existence.

Le baptême a lieu le jour même de la naissance ou au plus tard dans les trois jours comme l’exige l’Église depuis le Concile de Trente, sous peine d’excommunion.

D’ailleurs, Antoine a déjà prévenu le Curé de la Paroisse et son fils sera baptisé aujourd’hui même.

En 1744, la religion conditionne la vie des gens.
Pour l’Église, l’enfant est d’abord un chrétien en puissance qui doit être lavé du pêché originel et sauvé de la mort spirituelle.
D’ailleurs, la grande crainte des parents n’est pas de voir disparaître leur nouveau-né ; la mort fait partie de leur quotidien.
Ce qui les effraie plus que la mort, c’est que leur enfant trépasse sans être baptisé : il est, alors, condamné à errer dans les limbes et il est inhumé en dehors du cimetière paroissial, en terre non chrétienne.
C’est aussi pour cela, que la sage-femme peut ondoyer le nouveau-né en cas d’accouchement difficile ou de danger de mort à la naissance.

Baptisé, un enfant qui meurt devient un « ange au paradis ». Il veillera sur ses parents et intercèdera en leur faveur.

Pour l’heure, les préparatifs du baptême sont rapides… Antoine & Marie Jeanne ont choisi Charles Alexis  et Marie Barbe Marly, un demi-frère et une demie-sœur du bébé pour Parrain et Marraine.

Malgré le froid, le petit groupe se dirige vers l’Église accompagné par quelques voisins… Le Curé les accueille… et baptise le nouveau venu dans la communauté chrétienne : François !

Tous signent l’acte et c’est, probablement, Antoine qui le rédige sur le registre puisqu’il est greffier de la paroisse !


 







Sources : Acte de baptême de François Marly : AD Aisne – 5MiO493
                RFG – H.S La naissance du 16è au 19è siècle
                Image : mes coloriages.com

#ChallengeAZ… A comme de l’Ariège à l’Algérie…

Quitter sa terre natale pour s’installer sur d’autres rivages… Commencer une vie nouvelle et espérer qu’elle soit meilleure…
Telle fut l’épopée, pleine de promesses, proposée à des dizaines de milliers de français au XIXe siècle pour peupler l’Algérie, après sa conquête en 1830.
Parmi eux, se trouvaient mes ancêtres ariègeois.

Difficile d’imaginer un changement de vie plus radical :

 

Marseille… Le port…  La Méditerranée… Du jamais vu !

 

Embarquer et naviguer vers l’Afrique de Nord… L’inconnu !

 

Scruter l’horizon, le cœur battant,  pour apercevoir la côte… Et soudain, découvrir l’Algérie !

        

Débarquer à Alger… Le soleil brûle la peau… La chaleur ralentit les gestes… La lumière éblouit…  Mais tous les sens sont en éveil…

Des parfums inconnus divulguent leurs effluves envoûtants : le jasmin, la fleur d’oranger, les bougainvillées et les jacarandas…

 

S’enivrer, observer…  mais, ne pas s’attarder… Saisir son maigre bagage et continuer la route…

 

Direction le sud-ouest… Encore 50 km à parcourir… La notion du temps s’évapore !

 

Quelques heures sous le soleil écrasant… Avant d’arriver à destination… Et enfin, découvrir Blida…  !

Est-ce ainsi que Dominique Tourré & Suzanne Périé, mes arrières-arrières grands-parents, cultivateurs, quittant Rieux de Pelleport en Ariège ont découvert l’Algérie ?

Dominique et Suzanne se sont mariés à Rieux de Pelleport le 13 février 1825. Leurs enfants sont nés dans cette commune.
J’ignore la date de leur arrivée à Blida et combien de temps, ils y ont vécu…
Suzanne est décédée le 13 décembre 1857 à 56 ans  et Dominique le 15 février 1858 à 60 ans à l’hôpital militaire.

Leurs enfants sont restés à Blida, s’y sont mariés et y ont vécu assurant ainsi une descendance dans cette ville.

Leur fille, Marie Suzanne y a épousé mon arrière grand-père maternel, Victor Emile Berthault… avant de refaire le trajet à l’envers pour aller vivre en Normandie, la région natale de Victor Emile !
(voir articles : Une épine généalogique)

Voici pour mon histoire familiale… encore incomplète !
Pour la grande Histoire,

*Les troupes françaises occupent Blida en 1839, neuf ans après la conquête de l’Algérie en 1830 et après de nombreuses tentatives d’occupation. Ils bâtissent de nombreuses casernes militaires, ce qui explique que Blida est devenue une ville garnison de l’armée française pendant toute la durée de la colonisation…
Détruite par le séisme de 1825, Blida a été reconstruite par les français selon un plan d’urbanisation moderne (rues à angle droit et maisons basses).
Aux portes de la ville, trois villages de colonisation sont créés : Joinville et Montpensier en 1843 et Dalmatie en 1848.
En 1848, elle est érigée en municipalité.

Sources : *Wikipédia.org/Blida
Image : Blida – l’Eglise catholique – Gallica – BNF

Que commence le #Challenge AZ 2014…

 

On vous l’avait annoncé depuis plusieurs semaines…
Vous l’attendiez avec impatience !..
Moi aussi !..

Samedi débute la Seconde Edition du Challenge AZ, concoctée par notre fée :
                                +Sophie Boudarel  de la Gazette des Ancêtres…

Le principe est d’écrire 26 articles en prenant les 26 lettres de l’Alphabet pendant le mois de juin.

Que réserve le Cru 2014 :

– Primo, la participation enthousiaste des blogs qui avaient pris part à la première édition…
– Secundo, la naissance de nouveaux blogs pour l’occasion. Ce qui prouve le succès du challenge ! Bienvenue à eux !
= Au total, beaucoup d’articles à découvrir… et quelques heures de lecture en perspective !

Cette année, la nouveauté proposée par Sophie est la possibilité de choisir (ou pas) un thème !

Bien que je trouve l’idée intéressante, j’ai pris le parti d’écrire sans fil rouge… !

Depuis quelques jours, j’ai rouvert la grand ‘malle des Ancêtres afin d’y puiser mes articles… Et me suis mise au travail !

Et en avant-première, je souhaite à tous les participants, une belle aventure généalogique et à tous les lecteurs, de nombreuses découvertes… A consommer sans modération !

Amusons-nous…!  Surprenons-nous…!

Le challenge est fait pour cela…!

Rendez-vous, le 31 mai avec la lettre A… comme…

                                               
 A Samedi !

 
 
 

#Généathème : La Seconde Guerre Mondiale… 3

Ce dernier billet sur la Seconde Guerre Mondiale rend hommage à mon père, André Marly, qui fut déporté dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO) :
* Dès 1942, Hitler exige de la France et de la Belgique des ouvriers qualifiés pour combler le manque de main d’œuvre disponible en Allemagne.
Après la défaite de 1940, l’Allemagne avait exigé de la France une énorme contribution de guerre, la réquisition de sa production industrielle et agricole, maintenant, elle exigeait les français eux-mêmes.
Il y eu plusieurs étapes avant que les ouvriers soient envoyés de force en Allemagne. En premier lieu, cette force ouvrière fut constituée de prisonniers de guerre, puis de volontaires (la propagande fut grandement utilisée)…
Fin 1942, Fritz Sauckel, responsable du recrutement des ouvriers lance le principe du travail obligatoire, valable dans la zone occupée ; Laval rédige un décret pour appliquer cette réforme en zone libre.

Le 16 février 1943, la loi sur le Service du Travail Obligatoire est appliquée et stipule que tous les jeunes gens âgés de 20 à 22 ans peuvent être envoyés en Allemagne, peu importe leurs qualifications.
En juin 1943, Sauckel réclame 220 000 hommes, en août 500 000. Il finira par en exiger un million.
La France est le pays qui a fourni la plus grande main-d’œuvre à l’Allemagne pendant la guerre :
400 000 volontaires (qui furent souvent traités de traitres en 1945),
650 000 envoyés de force,
un million de prisonniers de guerre et un million qui travaillaient dans des usines françaises au service de l’ Allemagne.
Au total, 3 000 000 de français travaillèrent pour la machine de guerre allemande, de gré ou de force.

C’est dans ce contexte, qu’André, 33 ans et célibataire, fut recensé dès octobre 1942. Il résidait à Paris et travaillait comme métallurgiste chez Johannes à Saint-Ouen (Seine Saint-Denis).
Il fut déporté en Allemagne le 21 septembre 1943 à Hennigsdorf.

Hennigsdorf est situé au nord-ouest de Berlin, dans le district de Haute Havel, dans le Brandebourg.

Le « kommando extérieur Berlin-Hennigsdorf » était rattaché au KL Sachsenhausen. Ce camp abrita, dès 1936, l’administration du système concentrationnaire sous le sigle I.K.L (Inspektion der Konzentrationslager)
Ses « kommandos extérieurs », au nombre de 70, fournirent l’ensemble de l’industrie du nord de l’Allemagne.

André travailla pour le compte de Borsig-Lokomotive-Werke G.m.b.H, filiale de la société A.E.G. Cette entreprise fabriquait des véhicules ferroviaires et produisit 1230 locomotives entre 1931 et 1944.
Lors de la destruction de Berlin en 1945, l’usine fut démolie à 80 %.

 

Les conditions de vie des travailleurs déportés furent très éprouvantes : des cadences de travail soutenues,  des rations alimentaires insuffisantes,  des contrôles, des brimades, des dortoirs insalubres… Sans oublier les bombardements…
André fut rapatrié le 6 juin 1945 après 624 jours de détention.
A la fin du conflit, les travailleurs déportés dans le cadre du S.T.O furent, également, reconnus comme des victimes des camps nazis.

Sources :
* Le S.T.O. – Site : http://secondeguerre.net
Dossier déporté STO : A. Marly – SHD Caen
Photos :
Usine Borsig-Lokomotiv-Werke – 1940 – Site : http://borsigwalde.eu
Werk-Ausweiss – collection personnelle
Vitrail Eglise de Marols – Monts du Forez
   

#Généathème : La Seconde Guerre Mondiale… 2

Dans la famille Achon, je vous présente Adolphe, né en juin 1909 à Lorlanges (Haute-Loire). C’est le second de la fratrie et l’aîné des garçons.

En 1930, il a été appelé sous les drapeaux et incorporé au 95° RI.
Il a effectué son service, sans histoire, et est rentré chez lui avec le grade de 1ère classe ainsi qu’un certificat de bonne conduite « accordé ».

Le 2 septembre 1939, suite à la mobilisation générale, il a été incorporé au 52° T. Col. Engins. Ce régiment s’est inscrit dans la 102è Division d’Infanterie de Forteresse – 41° C.A – 9è Armée.

Le régiment a séjourné initialement en Alsace puis dans les Ardennes. Il est situé aux avant-postes avec mission de résistance à durée limitée (grande tête de pont ) :

 
Le régiment a été au contact de l’ennemi et a résisté victorieusement aux attaques jusqu’au 16 mai 1940 où il a été capturé par les troupes allemandes de Panzer Division :

C’est ainsi que Adolphe, comme beaucoup de ses camarades, a été arrêté dans la forêt de Signy l’Abbaye (Ardennes).
Prisonnier de guerre n° 30537, il a été déporté provisoirement au Stalag IV B à Mühlberg (là, où Gabriel, son frère a été prisonnier un an plus tard) avant d’être envoyé, en août 1940, au stalag IV C à Wistritz – Commando 375 :
 
Wistritz (aujourd’hui Bystrïce – République Tchèque) ) se situe au sud de Dresde, en Saxe, sur la frontière de l’ancienne Tchécoslovaquie.
Le camp était une ancienne fabrique de porcelaine désaffectée en plein centre de la ville.
En février 1945,  il a compté 26 300 prisonniers de différentes nationalités.
Là également, la lecture des comptes rendus de visite du CICR (Comité International de la Croix Rouge) rapportent que les prisonniers ont été relativement bien traités :
Le 30 janvier 1945, suite aux bombardements, une baraque est entièrement détruite. Les P.G n’ont plus rien.
Par raison d’économie, les P.G ne travaillent plus que 48 heures par semaine. Certains travaillent cependant 11 à 12 heures par jour à des travaux pénibles.
En  février 1945, on observe que les vivres et les médicaments manquent, la tuberculose est présente…
Le camp a été libéré par l’Armée Soviétique le 8 mai 1945. Adolphe a été rapatrié le 21 mai 1945 sous le contrôle de l’Armée Américaine.
Pour la petite histoire, Adolphe est rentré chez lui par la voie ferroviaire.
Arrivé à Arvant, la gare qui dessert son village, il a rencontré des voisins. Il leur a demandé d’aller prévenir, Adèle, sa mère, afin qu’elle ne soit pas choquée de le voir de retour après cinq longues années de captivité.
Comme Gabriel, Adolphe est demeuré discret et pudique sur ce qu’il a vécu pendant cette épreuve…
Puis la vie a continué… Adolphe a pris le commandement de la ferme et a travaillé la terre comme l’avait fait avant lui son père, son grand-père, et ses ancêtres…
Resté célibataire, il s’est éteint en mai 1977 dans la maison familiale en Auvergne.
Sources :
Fiche matricule militaire Adolphe Achon – A.D Haute-Loire
Extraits des rapports militaires sur la capitulation du 52° demi-brigade de mitrailleurs indigènes coloniaux pendant la campagne 39/45 – SHD Vincennes –
Comptes rendus du CICR  – SHD Caen – 22 P 2991
Carte prisonnier de guerre Adolphe Achon – CICR Genève
Carte des camps de prisonniers en Allemagne – site : www.witzgilles.com/Oflag-Stalags.JPG
Photo : collection personnelle

#Généathème : La Seconde Guerre Mondiale… 1

Dans quelques jours, nous célèbrerons le 70è anniversaire du Débarquement des Forces Alliées en Normandie qui mit fin à la Seconde Guerre Mondiale…
Avec cet événement… Rendons hommage à nos Pères, ces Héros…

Je vous propose trois billets à découvrir pendant le mois de mai :

Dans la famille Achon,  Raymond, grand-père paternel, a défendu la Patrie en 14/18. Il est décédé en 1931. Adèle, sa femme, est restée veuve avec six enfants : une fille et cinq garçons.

Gabriel est né en juin 1914 à Lorlanges (Haute-Loire). Il aurait eu 100 ans cette année. Il était le quatrième enfant de la fratrie et troisième garçon :

Son service militaire est à peine achevé, qu’en septembre 1939, l’heure de la mobilisation générale a sonné et il a été incorporé au 86° R.I, 3è Bataillon  :



« Glorieux Régiment du Velay qui participa aux violents combats de Lorraine en 1939-40 et qui dans les cruelles épreuves de mai et de juin 1940 ne désespéra jamais de la Patrie… » *

*

Effectivement, du 12 au 20 juin 1940, les bataillons du 86° R.I ont participé aux violents combats sur la ligne de la Meurthe.
Dans la journée du 20 juin, les trois bataillons du 86° R.I ont été successivement faits prisonniers :

« Charmes !…Pour tous ceux des armées de Lorraine, c’est le dernier carré, l’ultime combat, sans espoir !… » *

*

Lors de ces combats, certains soldats ont été tués… tous les vivants ont été capturés.
Gabriel a fait partie de ces derniers… Légèrement blessé, il est devenu le prisonnier de guerre
n° 10793.
Il a transité par le front stalag 190 à Charleville (France) avant d’être déporté, le 25 janvier 1941, dans le stalag IV B à Mühlberg (Allemagne).

          

 
Mühlberg est situé dans l’arrondissement d’Elbe-Ester, au sud-ouest du land de Brandebourg et à environ 80 km de Leipzig.
 
 
 
 
 
Le camp se trouvait à 3 km de la ville :

 
 
 
 

En 1942, il a compté environ 4000 prisonniers de différentes nationalités répartis dans une vingtaine de baraquements.
Fin 1944, il a comptabilisé 25000 détenus.

Lors de ma visite au Service Historique de la Défense à Caen, j’ai lu les rapports de visites effectuées par le CICR (Comité International de la Croix Rouge)
Les comptes rendus relatent que les prisonniers ont été relativement bien traités : ils sont environ 500 hommes entassés dans des baraques en bois ne disposant que de 4m2 chacun ; les rations alimentaires sont insuffisantes ; l’eau et le chauffage sont inexistants…

Dans ces conditions, Gabriel a essayé de s’évader plusieurs fois, sans succès.

Finalement, le 1er septembre 1943, il a échappé à ses geôliers. Sa tentative d’évasion réussie, Gabriel a recouvré la liberté.

Mais comme beaucoup, Gabriel s’est très peu confié sur ce qu’il a vécu pendant cette sombre période et notamment sur son retour en France…
Peut-on imaginer sa fuite sur un parcours de 1262 km pour rentrer chez lui : Traverser un territoire ennemi… Ne pas se faire reprendre… Ne pas céder à la peur… Se cacher… Se nourrir… Ne penser qu’à la liberté !

Il ne pouvait pas savoir à ce moment-là,  qu’un poète avait écrit un an plus tôt  :

… Et par le pouvoir d’un mot

   Je recommence ma vie

   Je suis né pour te connaître

   Pour te nommer

             Liberté !

Puis, le 24 avril 1945, le stalag IV B a été libéré, à son tour, par l’Armée Soviétique. Le rapatriement des prisonniers a eu lieu le dimanche 20 mai 1945 sous le contrôle de l’Armée Américaine :

**
 
 
 
Enfin, la vie a repris son cours, Gabriel s’est marié en septembre 1946 et a eu trois enfants.
 
Gabriel est décédé, brusquement, en août 1959 à Clermont Ferrand (Puy de Dôme). Il était le père de mon mari.
 
 
 
 
Sources :
Carte de prisonnier Gabriel Achon – CICR Genève
*Extraits de l’Historique du 86° RI -Commandant Boucher – SHD Vincennes – 34N100 –


**Extraits des comptes rendus CICR – SHD Caen – 22P2991
Photos :
Collection personnelle : G.achon
The main gate. Copyright : Rijksmuseum Amsterdam NG-1983-9, Dick van Maarseveen
Extrait du poème : Liberté – Paul Eluard – 1942

Je ne suis pas bien portant…

Il y a peu de temps, +Benoit PETIT écrivait sur son blog, que la sérendipité avait du bon.
Et je ne peux qu’approuver lorsque le hasard nous offre de truculentes découvertes :

Lors de mes recherches aux Archives Départementales de l’Orne, j’ai consulté un registre intitulé :

                                       Délibérations du Conseil de Révision- Classe 1856 –
Ce registre est constitué de la liste des jeunes appelés par tirage au sort.
En face de chaque nom, l’Etat Major a annoté si le futur soldat était « bon pour le service » ou si, il était réformé et les causes.
Par curiosité, j’ai feuilleté le registre et j’ai découvert à la fin de celui-ci plusieurs pages manuscrites, dont un document émanant d’un tribunal où ont comparu plusieurs jeunes gens présumés coupables de n’avoir pas voulu effectuer leur conscription.
Je ne peux m’empêcher de partager un extrait du document tant sa teneur m’a amusée :
L’an mil huit cent cinquante sept, le lundi 3 août,
Le Conseil de Révision du département de l’Orne composé de M.M…
 
s’est réuni à l’hôtel de la préfecture où…
 
a l’effet de statuer définitivement à l’égard de deux
jeunes gens de la classe 1856 déférés aux tribunaux comme
prévenus de s’être rendus impropres au service militaire ;
 
Vu sa décision du 18 mai 1857, par laquelle il a déféré
aux tribunaux comme prévenu de s’être rendu impropre au service
d’une manière permanente en se faisant arracher plusieurs dents à la
mâchoire inférieure le Sr Vigneron (C… Hippolyte), inscrit sous 
le numéro 20 de la liste du tirage au sort du canton de Mêle sur Sarthe. 
Vu la lettre en date du 21 juillet dernier, par laquelle M.
le Procureur Impérial prie le Tribunal de 1ère instance d’Alençon
faire connaître que le Sr Vigneron a été renvoyé …  des
poursuites par une ordonnance de non lieu rendue par M. le juge
d’instruction ; qu’il est résulté de l’information que cet individu 
avait déjà perdu un certain nombre de dents, plusieurs mois avant
le tirage ; que le médecin dentiste, chargé de l’examiner, a constaté
qu’il avait une grande prédisposition  à la carie et que plusieurs
des dents qui avoisinaient celles que l’on avait dû extraire pour cause
de caries étaient elles-mêmes cariées par suite d’un contact antérieur ;
Vu l’article 41 de la loi du 21 mars 1832 en la circulaire
ministérielle du 28 juin 1835,
Décide : 1° Que le Sr Vigneron (C… Hippolyte) est exempté
pour perte de dents ;
Libéré, je suppose que le Sieur Vigneron n’a pas « gardé une dent » contre l’Etat Major !
Cette petite histoire ne vous fait-elle pas penser à la chanson du comique troupier Ouvrard…
Source : A.D Orne – Registre des délibérations du conseil de révision – 1856 – R 541

#Généathème : Une épine généalogique… Episode 3 : L’épine est extraite….

Il y a deux jours, j’écrivais un petit billet sur l’état d’avancement de mes recherches concernant l’acte de mariage de mes arrières grands-parents maternels :

                                         Victor Emile Berthault & Marie Suzanne Tourré

Voir les articles :
1°   https://www.ciel-mes-aieux.com/?p=53
                                      
2°   https://www.ciel-mes-aieux.com/?p=38

Ce soir, grâce à +Elise Aupres de nos Racines  et à +Philippe Durut,  l’extraction de mon épine a été fulgurante… et indolore !
Je les remercie du fond du cœur…

L’entraide généalogique est une belle histoire… J’en suis toute émue… chamboulée…

Ainsi, j’ai le plaisir de vous informer que :                      
              
              Victor Emile & Marie Suzanne se sont unis à Blida en Algérie le 4 juillet 1874.

 
 

J’ai consulté plusieurs fois le site des ANOM en ligne, mais selon les critères de recherche, la réponse est négative (un oubli dans la numérisation ?)

Grâce au commentaire d’Elise, et en moins de cinq minutes, j’ai effectué une nouvelle recherche par commune et par date et non par patronyme. C’était aussi simple que cela… Encore fallait-il y penser !

Quant à mes arrières grands-Parents… Je suppose que Victor Emile a effectué son service militaire en Algérie comme l’atteste les registres militaires trouvés aux Archives Départementales de l’Orne.
N’ayant plus ses parents, il est demeuré dans le pays et s’est installé à Blida où il est devenu brasseur.
C’est ainsi qu’il a rencontré Marie Suzanne… qu’ils se sont mariés.

Alors, pourquoi sont-ils revenus vivre à Saint-Pierre du Regard dans l’Orne ?
Mais, ça, c’est une autre histoire… 😉

Sources : ANOM – Etat civil – Blida – 1874

#Généathème : Une épine généalogique – Episode 2….

Au mois de janvier, je vous faisais part de mon épine généalogique concernant l’acte de mariage de mes arrières grands-parents maternels :

                                    Victor Emile Berthault & Marie Suzanne Tourré

Voir article ici : https://www.ciel-mes-aieux.com/?p=53

Suite aux commentaires reçus, je me suis rendue aux Archives Départementales de l’Orne à Alençon.

J’ai trouvé divers documents concernant la conscription de Victor Emile :

Registre du tirage au sort classe 1856 (R 637) :

 
 
 

J’apprends que Victor Emile était domestique à Montilli en 1856. Cette commune est voisine de Saint-Pierre du Regard, son lieu de naissance.

Registre des listes par canton du contingent de l’Armée Territoriale (R 786) :

 
 
 
Le registre confirme que Victor Emile était domestique et qu’il résidait à Montilli. Il indique également qu’il mesurait 1m70, qu’il était bon pour le service et qu’il a été affecté dans un régiment de Chasseurs d’Afrique.
 
– Registre des délibérations du Conseil de révision (R 541) : 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  
 
 
 
 
Ce registre ne m’apprend rien de plus. Cependant, c’est la première fois que je consulte ce genre d’archives.
 
 
 
Mais revenons à mon conscrit… A cette époque, les Chasseurs d’Afrique partaient pour   l’Algérie. Cela confirme, que Victor & Marie Suzanne se sont sans aucun doute rencontrés dans ce pays.
 
Mais je n’ai toujours pas trouvé leur acte de mariage !
 
J’ai donc recherché sur le site du CAOM (Centre des Archives d’Outre-Mer) une éventuelle union. Mais, l’état civil en ligne ne recense pas le mariage.
 
J’ai également consulté les tables décennales de l’état civil de Toulon et de Marseille pensant que peut-être ils s’étaient mariés dans une de ces villes portuaires. Là, non plus, je n’ai rien trouvé.
 
J’ai, aussi, consulté les tables de recensements de population de Montilli : pas de trace du couple.
 
 
Je ne désespère pas trouver l’acte de mariage. La prochaine étape sera de me rendre au SHD (Service Historique de la Défense) à Vincennes pour y chercher l’historique des régiments de Chasseurs d’Afrique et au CAOM à Aix en Provence pour y chercher le couple dans des documents non numérisés ( ex : liste de passagers)
 
La généalogie n’est pas un long fleuve tranquille…
 
A suivre…
 
 
Sources : A.D Orne